La Tribune : SELVERT invente le sel biodégradable

Journaliste : Marie Lyan

Selvert invente le sel biodégradable

Innovation

Utiliser la production des carrières de calcium, pour développer un sel de déneigement écologique… il fallait y penser ! Ce sont deux inégnieurs-chimistes Grenoblois, Jean-Louis Brault et Guy Baret, qui ont fondé la start-up Selvert en 2013. Cet hiver, leur sel de déneigement écologique et unique en France sera expérimenté par la ville de Grenoble, sur deux artères stratégiques : le Cours Jean Jaurès et la Presqu’île Scientifique.

Selvert invente le sel biodégradable

Après un automne remarquable de douceur, les premiers flocons pourraient faire leur apparition dans les prochains jours à basse altitude. Depuis quelques semaines, les services techniques de Grenoble s’activent déjà autour du plan neige. Cet hiver, la municipalité a décidé de tester un sel de déneigement écologique développé par Selvert, une startup du bassin grenoblois, dont les entrepôts sont situés à Tullins (Isère).

« Les points forts de ce sel, c’est qu’il est biodégradable et n’a donc pas d’impact sur la nappe phréatique. Non corrosif, il n’abime donc pas les structures métalliques et ne détruit pas la faune et la flore », explique son co-fondateur, Jean-Louis Brault, qui précise qu’il présente la même efficacité que le chlorure de sodium habituellement utilisé, et qui contient souvent des additifs et métaux lourds. « La résilience de non-adhérence est de l’ordre de 72h, tandis que ce sel peut-être utilisé jusqu’à -7 degrés », ajoute-t-il.

30 000 litres de saumure

A la demande de la ville de Grenoble,  Selvert se prépare donc à faire une première livraison de 30 000 litres de saumure, un sel de déneigement sous forme liquide à base d’acétate de calcium, prêt à être répandu dans les rues de Grenoble. « Sur l’ensemble de son territoire, la ville sort environ 15 à 20 nuits en hiver et passe environ 120 000 litres de sel par nuit de sortie », précise Jean-Louis Brault. « Pour l’instant, l’expérimentation porte sur deux quartiers, le cours Jean Jaurès et la Presqu’île, car ce sont des quartiers où la présence du tram et de végétation a poussé la ville à arrêter d’utiliser des sels corrosifs », précise M. Brault. Une aubaine qui représente un test grandeur nature pour les fondateurs de Selvert, qui n’avaient pas pu proposer leur produit aux collectivités l’an dernier, par manque de neige…

Un approvisionnement local

Après avoir reçu l’an dernier l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de la part du Centre d’Etudes et d’Expertise sur les Risques (CETE) de Nancy, Selvert compte donc sur les retours de son premier utilisateur pour réaliser d’éventuels ajustements et recalibrages de son produit. « Il s’agit d’une année de maturation dont nous comptons profiter pour valider notre produit et être là lorsqu’il faudra livrer », estime M. Brault. Un partenariat gagnant-gagnant, qui permet également à la ville de Grenoble de coller à ses engagements en matière d’approvisionnement local. « Plus respectueuse de l’environnement, la solution de Selvert va être utilisée sur deux secteurs sensibles pour cette phase test », a annoncé l’adjointe aux espaces publics Lucille Lheureux, tenant à rappeler ses avantages : « Non polluante, elle s’adapte aux machines existantes et ne nécessite donc pas d’investissement matériel ».

« L’intérêt, pour la ville comme pour nous, c’est que nous sommes juste à côté. Nous pouvons donc être très réactifs et répondre rapidement si un problème ou une livraison supplémentaire se présente, sans faire grimper les coûts de transport », estime pour sa part Jean-Louis Brault, qui précise que la carrière d’approvisionnement se trouve elle aussi à quelques kilomètres, à Poliénas. « Ce type de carrières ne manque pas, que ce soit dans la région ou même à l’échelle nationale. Cela nous permettra, dans un deuxième temps, de pouvoir produire localement si nous avons de la demande à l’autre bout de la France », envisage Jean-Louis Brault. En moyenne, la production de 30 000 litres de saumure nécessite près d’une journée de travail.

Un avenir prometteur

L’objectif de Selvert ? Se concentrer pour l’instant sur le marché des collectivités rhônalpines avec ses saumures, avant de lancer à compter de 2016 un sel sec plus facilement exportable à l’échelle nationale. « Cela nous permettra de diviser par 4 ou 5 les coûts de transport », annonce-t-il.

Grâce à ce premier contrat passé avec la ville de Grenoble, qui devrait mener à 7 à 8 livraisons de sel cet hiver, Selvert compte enregistrer un chiffre d’affaires de 30 000€ en 2014. De quoi permettre à la start-up de 3 salariés de passer à la vitesse supérieure ? « Nous sommes également en contact avec le Musée du Louvre de Lens, où le sel naturel aurait l’avantage de préserver l’environnement et les éléments de construction en pierre, ainsi que la végétation arborée », précise M. Brault.

Il faut dire que le marché du sel de déneigement représente un coût important pour les collectivités : chaque année, ce sont entre 1 et 2 millions de tonnes de sel qui sont répandues sur les routes de l’Hexagone. Avec un coût compris entre 80 et 100€ la tonne, ces opérations de salage coûteraient plus de 100 millions d’euros par an (matériel et personnel compris). Rien que sur les Deux Savoies, la facture annuelle moyenne s’élève à près de 4,2 millions d’euros pour 6200 kms de routes (hors coût du personnel et du matériel).

Mots-clefs : La Tribune, sel

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